» Catégorie : nostalgie
L’école bien sûr !
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Voici la meilleure formule
pour pour apprendre à lire et à écrire, aller à l’école…
c’est l’endroit où les enfants apprennent à réfléchir,
à se concentrer et à vivre en groupe,
il leur faut apprendre à se débrouiller sans leurs parents
et forger leur propre caractère.
Peut-être grâce à l’école aimeront-ils les mots.


PAGE D’ECRITURE
Deux et deux quatre
Quatre et quatre huit
Huit et huit font seize
Répétez! dit le maitre

Deux et deux quatre
Quatre et quatre huit
Huit et huit font seize
Mais voilà l’oiseau lyre
Qui passe dans le ciel


L’enfant le voit
L’enfant l’entend
L’enfant l’appelle:
Sauve-moi
Joue avec moi
Oiseau!


Alors l’oiseau descend
Et joue avec l’enfant
Deux et deux quatre…
Répétez! dit le maitre
Et l’enfant joue
L’oiseau joue avec lui…

Quatre et quatre huit
Huit et huit font seize
Et seize et seize qu’est-ce qu’ils font?
Ils ne font rien seize et seize
Et surtout pas trente-deux
De toute façon
Et ils s’en vont.

Et l’enfant a caché l’oiseau
Dans son pupitre
Et tous les enfants
entendent sa chanson
et tous les enfants
entendent sa musique

et huit et huit à leur tour s’en vont
et quatre et quatre et deux et deux
à leur tour fichent le camp
et un et un ne font ni une ni deux
un et un s’en vont également.
Et l’oiseau lyre joue
Et l’enfant chante

Et le professeur crie:
Quand vous aurez fini de faire le pitre!
Mais tous les autres enfants écoutent la musique
Et les murs de la classe
S’écroulent tranquillement.
Et les vitres redeviennent sable
L’encre redevient eau
Les pupitres redeviennent arbres
La craie redevient falaise
Le porte-plume redevient oiseau.

Jacques PREVERT
Né à Neuilly-sur-Seine le 04 février 1900

Décédé à Omonville-la-Petite le 11 avril 1977

Page de mon amie :
http://chezbabou.e-monsite.com/


Les dangers de la vie
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Les dangers de la vie
Si on en croit les bureaucrates qui réglementent notre vie,
tous ceux d’entre nous qui ont plus de 35 ans
devraient être morts depuis longtemps.
Normalement, si vous avez vécu votre enfance
entre les années 1940 et 1975,
vous n’auriez pas dû survivre.
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Dès le départ, nous étions condamnés,
notre lit de bébé était recouvert
d’une généreuse couche de peinture à base de plomb,
de couleur vive pour être bien appétissante.
Nos hochets n’étaient pas mieux:
ils n’avaient pas été étudiés
pour nous empêcher de les mordre
ni approuvés par trois agences gouvernementales.
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Dès notre plus jeune âge,
nous devenions capables
d’ouvrir n’importe quelle porte d’armoire
et la plupart des contenants, surtout ceux des médicaments
En fait, même les personnes souffrant d’arthrite
y arrivaient facilement!
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Et ça n’allait pas en s’améliorant…
nous conduisions nos tricycles puis nos bicyclettes
partout hors des pistes réservées,
sans surveillance et sans casque protecteur.
Nous en profitions évidemment
pour pratiquer nos sauts et faire des courses avec les amis.
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Nos promenades en automobile se faisaient
sans ceinture de sécurité ni coussin gonflable.
Parfois, les belles journées d’été,
nous avions même la chance de faire une ballade
dans l’arriére d’une camionnette ou, privilège suprême,
sur un tracteur ou un voyage de foin.
Passons pudiquement sous silence
les risques innommables que nous prenions
en voyageant « sur le pouce ».
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Nous buvions l’eau directement
du boyau d’arrosage et non d’une bouteille
Quelle horreur!
Nous mangions des gâteaux, du pain et du beurre,
et nous buvions du sirop de grenadine riche en sucre,

mais jamais cela ne nous faisait engraisser,
car nous passions notre vie à jouer dehors.
Nous partagions même nos verres avec nos amis,
dans la même bouteille, au risque d’en mourir.
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Nous passions des heures
à nous construire des voitures de course
pour descendre les côtes,
en constatant seulement après les premiers essais
que nous avions oublié les freins!
Mais après quelques descentes terminées
dans les buissons,où les orties
nous apprenions à résoudre ce problème mineur.
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Nous partions le matin
et pouvions passer la journée à jouer;
personne n’y trouvait à redire
pourvu que nous soyons rentrés pour le repas.
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Nous n’avions ni téléphone portable ni téléavertisseur.
Personne ne pouvait nous joindre .
Nos parents étaient parfois inquiets de nos aventures,
mais ils choisissaient de vivre eux-mêmes
leur angoisse pour supporter notre développement.
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Nous n’avions pas non plus
de Nintendo ou de PlayStation, ni jeux vidéos,
ni 99 chaînes de télévision, ni location de vidéos,
ni son ambiophonique ou cinéma maison,
ni ordinateur personnel, ni Internet, ni site de bavardage!
Quel vide!
Nous n’avions que des amis!
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Nous pouvions toujours sortir dehors
et les trouver rapidement.
Au besoin, nous allions frapper à leur porte
et nous pouvions entrer tout simplement chez eux
pour jouer ou leur parler.
Personne ne jugeait nécessaire
de nous y conduire en automobile.
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Nous aimions toujours jouer au ballon chasseur
même si c’était parfois douloureux
lorsque nous nous faisions attraper.
Nous tombions des arbres, nous subissions des coupures,
des dents cassées ou des fractures,
mais personne n’allait porter plainte au tribunal
pour trouver un responsable
C’était tout simplement des accidents
et il n’y avait personne à blâmer
à part nous-mêmes.
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Il nous arrivait même de nous battre
ou de nous frapper entre nous
et d’en sortir avec des bleus.
Nous apprenions peu à peu
à résoudre et à surmonter nos différents,
ainsi qu’à vivre avec ces douleurs du quotidien.
Nos équipes sportives faisaient une sélection;
ce n’était pas tous les enfants qui étaient acceptés.
Ceux d’entre nous qui étions refusés
devaient apprendre à vivre avec la déception.
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C’était la même chose à l’école,
certains élèves étaient moins brillants que d’autres
et rataient leur année. Ils devaient redoubler leur classe,
comme s’ils avaient encore quelque chose à y apprendre.
Nos professeurs insistaient
pour que nous fassions nous-mêmes nos devoirs,
estimant que nos parents n’avaient pas besoin
d’apprendre les nouvelles méthodes d’enseignement.
Nous n’avions pas le choix,
il fallait bien trouver les moyens
pour apprendre nous-mêmes nos leçons
sans accaparer nos parents.
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La correction des examens, quelle horreur,
n’était même pas pondérée en fonction des résultats.
Nous étions tout simplement responsables
de nos réponses comme de nos actes
et tout le monde trouvait normal
qu’il y ait toujours des conséquences.
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Jamais nous n’aurions pensé
que nos parents puissent verser notre caution
s’il nous arrivait de violer la loi.
Imaginez ça, ils allaient même
jusqu’à appuyer la police et nos professeurs
plutôt que de les agresser!
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Est-ce un hasard
si on trouve dans cette génération
une abondance de personnes
capables de prendre des risques
et de résoudre des problèmes;
parmi les meilleurs de tous les temps?
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Les 50 dernières années
ont été le théâtre d’une explosion sans précédent
dans l’innovation, les inventions et les idées nouvelles.
Notre enfance a été marquée par la liberté et les choix,
par les échecs et les succès,
par les risques de la responsabilité.
Nous avons dû apprendre à vivre
avec chacune de ces réalités.
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Si vous avez plus de 35 ans,
vous faites probablement partie de ce groupe.
Félicitations!



















